PORTRAIT

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Portrait

James Barnor

12.04.17

L’Appartement ouvre à nouveau ses portes et s’enrichit d’une exposition exceptionnelle des plus beaux tirages photographiques de James Barnor, photographe africain dont l’incroyable vie nous mène d’Accra à Londres, du noir et blanc à la couleur et de la photographie de studio à la photo de mode. 

Portrait de cet artiste hors du commun par Clémentine de La Féronnière, talentueuse galeriste à qui l’on doit la chance de découvrir ces œuvres d’art pour la première fois à Paris.

(c) James Barnor/Autograph ABP

Le coup de cœur et un premier livre inédit
J'ai remarqué le travail de James Barnor lorsqu'il avait été montré chez Baudoin Lebon en 2011, et lorsqu'on est venu me voir pour me proposer d'accueillir son exposition itinérante – appelée "Ever Young". Cette exposition a fait le tour du monde et j'ai tout de suite dit oui. D'autant qu'aucun livre n'avait jamais été édité sur son travail. Nous sommes galerie mais aussi maison d'édition, et c'était pour moi une histoire fabuleuse de me lancer dans la monographie de cet immense photographe duquel nous savions, en France, si peu de choses. 
 
Une période historique fascinante
James Barnor est l'un des derniers photographes africains vivants de cette grande génération de portraitistes de studio comme Malick Sidibé ou Seydou Keïta. Il a aussi photographié l'actualité de son pays en pleine prise d'indépendance, et a ainsi été proche de personnalités qui ont marqué l'Histoire africaine, comme Kwamé N'Krumah qui est considéré aujourd'hui comme le père du mouvement panafricanisme.
 
Il part vivre les années 1960 à Londres, y découvre le processus de la couleur, suit une formation dans une école d'art anglaise et réalise des clichés colorés de ces femmes posant dans la rue. Ses images sont publiées en couverture du mythique magazine Drum. Il retourne en 1970 au Ghana et ouvre le premier labo de développement couleur du pays.
 
Une originalité artistique hors pair
Ce parcours incroyable a enrichi son style photographique d'une manière tout à fait inédite. Si l'on prend par exemple la photographie de cette femme qui tient des bidons en couleur devant l'entrée de son studio aux drapeaux Agfa : est-ce une image de mode, une publicité, une image expérimentale ? James Barnor est à la croisée de multiples styles photographiques, c'est tout à fait inédit pour un photographe de sa génération.
 
Des photographies qui témoignent d'une époque où tout était possible
Au Ghana, la prise d'indépendance, l'espoir d'une génération qui prend le contrôle du destin de son pays, à Londres aussi, l'insouciance des Swinging Sixties…C'est aussi la personnalité de l'artiste qui transparaît dans ces photographies : James Barnor a une passion pour la musique, aime la vie, les rencontres, les cultures et la transmission aux plus jeunes. Il a aussi toujours toujours été apolitique, ce qui lui a permis de tenir une position de témoin privilégié. 
Né en 1929, James Barnor se souvient encore du moindre petit détail de ses images, et lorsqu'il en parle, on se rend aussi compte que les personnages sont souvent liés, soit par la famille, la diaspora ou tout simplement le hasard de la vie. Plusieurs personnages majeurs reviennent régulièrement dans son œuvre, et mises bout à bout ces images évoquent aussi l'histoire d'un homme, James Barnor, qui a eu une vie tout à fait romanesque. 
 
Une photo particulièrement touchante
Tant de choses me touchent dans son travail. Peut-être une image, que l'on retrouve dans le livre, la première photographie couleur que James Barnor réalise à son retour au Ghana début 1970. C'est un portrait de ses deux filles qui ont grandi à Accra pendant son absence. Elle sont habillées avec ce que James rapporte du continent dans sa valise : maillots de bains de couleur, ballerines à gros élastiques, casquettes et ballon publicitaire Agfa. Elles ont l'air heureuses de son retour, et en même temps, leurs regards lancent un air de défi au photographe, ce père qu'elles n'ont presque pas vu pendant les dix années précédentes. 
La liberté a sans nul doute un coût…

Merci à Clémentine de la Féronnière qui accompagne et expose les photographes dans sa jolie galerie, 51, rue saint-Louis-en-l'île, 75004 Paris.

Le livre Ever Young de James Barnor est en vente chez Sézane, à la galerie Clémentine de la Féronnière, et en librairie au prix de 45 €.

Les tirages d'art de James Barnor sont visibles à l'Appartement Sézane et en vente directement auprès de la galerie (à partir de 1800 €).

 

(c) James Barnor/Autograph ABP

(c) James Barnor/Autograph ABP

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