PORTRAIT

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CHEZ
CAPUCINE ​COLBOC

04.11.16

Capucine est styliste TV. Le Grand Journal, Le Tube et maintenant La Nouvelle Edition, elle nous raconte comment elle a débarqué sur les plateaux et à quoi ressemble son quotidien chronométré. On l’a rencontrée chez elle, dans sa maison en bois ultra lookée.

Comment fait-on pour devenir styliste TV ?
J’ai commencé comme assistante de production sur un petit programme de mode avec une boîte de prod. Une de mes amies travaillait là-bas et ils cherchaient des mannequins, ils avaient besoin de contacts. Finalement après ça, ils cherchaient quelqu’un pour s’occuper des vêtements. J’avais 25 ans, j’étais à l’aube d’une deuxième vie et je ne savais pas encore trop quoi faire alors j’y suis allée.
 
Comment as-tu été recrutée au Grand Journal ?
La boîte de prod s’est énormément développée et en 2004, la première année du Grand Journal, ils m’ont demandé si je ne voulais pas m’occuper des vêtements sur l’émission. Avant cette période, les stylistes TV existaient, il y avait Nulle Part Ailleurs, etc, mais cette émission a été l’une des premières vitrines avec les Miss Météo. C’était l’une des premières à jouer la carte « on s’habille » ! Et c’était assez génial de commencer dans ce nouveau secteur.
Tu as fait des études de stylisme avant ça ? Ou tu avais un goût prononcé pour la mode ?
Pas du tout ! Enfin, j’aimais la mode et je venais plus ou moins de ce milieu, j’avais pas mal de contacts. Des personnes très créatives et talentueuses m’ont toujours fait confiance, et de très belles opportunités se sont offertes à moi, pour tout ça j’estime avoir eu beaucoup de chance.
 
Quelles sont les qualités qu’il faut avoir pour faire ce métier ?
Mis à part le carnet d’adresses, je dirais le rapport aux gens, l’écoute et la compréhension. Parce que ça n’a rien à voir avec le stylisme photo qu’on voit dans les magazines. On ne fait pas la mode, on ne la raconte pas. On essaye juste d’améliorer le style des gens, que ça fasse « mieux à la tv », c’est un luxe pour les journalistes ! Et au Grand Journal, c’était fantastique. Des jeunes, des plus vieux, des femmes, des hommes, tout une équipe chaque soir sur un plateau. Les Miss Météo, les présentateurs, les déguisements… Le panel était hyper large. Aujourd’hui, je m’occupe de Daphné Burki et c’est génial, elle est hyper ouverte, c’est une fille assez branchée.
Et tu te vois faire ça toute ta vie ?
Le futur, je le vois peut-être ailleurs et pourquoi pas fleuriste ! Ou bien dans le cinéma, les séries. Mais j’adore mon job, les plateaux TV et les émissions en direct. On ne sait pas de quoi l’avenir est fait ! 
 
Tu as une anecdote, un bon souvenir en particulier à nous raconter ?
J’en ai plein ! Je parle beaucoup des Miss Météo parce qu’en terme de style c’était assez fou. On travaille avec les plus grandes marques, on se balade sur la Croisette avec des colliers Chopard à 18 millions… Je les mettais sur moi pour ne pas me les faire voler. Et puis Cannes, c’était assez exceptionnel. On descendait avec 15 malles pleines, on avait un énorme showroom au Martinez, tout le monde y passait. Et puis je pense aux 30 ans de Canal aussi, c’était génial.
 
Le rythme quotidien doit être assez particulier, bien rythmé par les émissions (en direct) non ?
Le matin après avoir géré les enfants, leur déjeuner et la maison, je pars sur le plateau. La loge est un peu devenue mon bureau. J’y récupère tous les shoppings, je compose les looks… On réfléchit aussi à l’actualité du moment, on s’adapte. Une fois que l’émission est lancée, on range tout parce que d’autres équipes arrivent après. Et puis l’après-midi, je fais le tour des bureaux de presse et des boutiques, quand je ne suis pas à la sortie de l’école !
 
Vous vous adaptez à l’actualité en terme de looks. Justement, on a des contraintes spécifiques à la TV dans ce métier ?
Beaucoup ! Pas de signes religieux, ni fourrures ou logos. Les trop gros imprimés ne fonctionnent pas à l’écran, les fines rayures non plus malgré l’évolution de la technologie. Après il y a les goûts et les couleurs de chacun. Mais sur Canal +, on peut quand même se permettre plein de choses.
 
Et il n’y a jamais de frustration ?
Si, tous les jours ! On est sur une émission du midi, La Nouvelle Edition commence à 12h45, tout est hyper chronométré. Les journalistes arrivent à 8h30 du matin et à 12h, ils sont déjà tous en retard. Alors parfois je me dis « Mince, si on avait eu 5 minutes de plus elle aurait pu changer de paire de chaussures ou boucles d’oreilles, ça aurait été mieux ! ».
 
Tu te souviens d’un look dont tu es particulièrement fière ?
Son fils :  A Cannes !
Capucine : Oui Cannes, Louise Bourgoin en Sonia Rykiel sublime, Charlotte LeBon en petit mousse/pin-up avec du jasmin (trouvé dans les jardins du Martinez) dans ses cheveux. Pauline Lefèvre toujours magnifique, Doria Tillier en Balmain aussi, et puis tous les looks de Daphné dans Le Tube.
D’où te vient l’inspiration ? Les magazines de mode, les défilés, tes goûts perso ?
Partout. La veille je peux croiser une fille dans Paris et me dire « j’adore son look, demain je fais ça ». Ca peut être une page d’un magazine, un Instagram… Il y a tellement de choses différentes, chaque jour. Je suis assez déterminée alors quand j’ai une idée en tête, ça ne va pas me quitter avant que je le fasse. L’autre jour, je voulais absolument un pantalon moutarde. J’ai trouvé un vieux jean, je suis allée chercher de la teinture Dylon dans un tout petit magasin, rue Française à Etienne Marcel. Le lendemain j’avais mon pantalon moutarde !
 
Un indispensable dressing pour toi ?
Un jean, le 501 Levis par exemple.
 
Et une pièce interdite ?
Il n’y en a pas. Avec le temps forcément, on s’assagit un tout petit peu mais tant que c’est porté avec envie et si c’est assumé, ça passe.
 
Tes bijoux fétiches ?
J’en ai beaucoup, mais j’adore les créations de chez AIME, le site Légende Urbaine (bijoux anciens) et Gossens. Et quand je vais en Grèce ou Turquie je ramène plein de grandes boucles d’oreilles.
 
Dans la maison, un objet que tu aimes particulièrement ?
Le miroir Aigle. Il vient des puces dans la Drôme provençale, je pense que c’est Inca, j’adore.
 
Des adresses que tu recommanderais à des amies ?
– Bruncher : Chez moi, sur ma terrasse !
– Dîner : Le Cosi, c’est un resto Corse dans le 5ème.
– Friperies : Les puces de Vanves, ça marche pour la déco aussi. Sinon il y a un Kiloshop rue de Passy (on n’imaginerait pas), il est génial, j’ai trouvé des trucs incroyable à un prix dérisoire.
– Déco : Gachon Pothier dans le 3ème.
– Institut de beauté : Derya danss le 2ème.
– Epicerie : L’Epicerie VéGéTALe, pour leurs produits frais et leurs jolies fleurs, c’est top !
 
Ton dernier film coup de coeur ?
MUSTANG !
 
Un livre pour s’évader ?
Je dirais « Vers la Sobriété Heureuse » de Pierre Rabhi. Je pense que le monde a bien plus besoin de (re)connexion que d’évasion, il est grand temps de s’y mettre !
 
Les adresses de Capucine :
LE COSI : 9 rue Cujas 75005 Paris – 01 43 29 20 20
LES PUCES DE VANVES : Avenue Georges Lafenestre 75014 Paris
KILOSHOP : 64 rue de passy 75016 Paris
GACHON POTHIER : 26 Rue de Saintonge 75003 Paris – 01 42 71 34 15
DERYA : 28 Rue Saint-Sauveur 75002 Paris – 01 40 28 09 02
EPICERIE VEGETALE : 51 Rue de la Fontaine au Roi 75011 Paris – 06 73 35 62 11
 

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