PORTRAIT

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UNE JOURNÉE AVEC 

DAPHNÉ BÜRKI

31.10.16

Daphné présente La Nouvelle Edition tous les midis sur Canal +. Ancienne styliste, c’est aussi une maman épanouie, une fan de tatouages à la blague facile et spontanéité débordante. On l’a suivie une journée dans les studios, on vous livre tout ici.

Une heure avant le direct, la fourmilière s’agite en studio. Les journalistes répètent, le prompteur défile et la régie s’anime. Le public s’installe et Daphné part au maquillage : « On est super en retard aujourd’hui ! ». Et avec le direct, pas le droit à l’erreur. Pourtant c’était son rêve. Quand la plupart des journalistes télé miroitent le 20h, elle fantasmait sur du direct à l’heure du midi. Entre deux coups de pinceau, elle relit ses fiches et court se faire habiller. 4 minutes avant l’antenne, elle arrive sur le plateau et la course est lancée. Pendant plus d’une heure, alors que les journalistes décortiquent l'actu, c’est un petit orchestre en régie qui balance la matière. Images, vidéos, pubs et jingles, tout doit arriver au millième de seconde de près. Clap de fin, la pression redescend pour tous, Daphné s’offre 2-3 selfies avec le public, retourne à la loge pour changer de look et s'apprête à faire une pause, enfin. La discussion commence :
 
Tu as commencé en tant que styliste chez Dior, c’était la mode qui t’intéressait ?
C’est un parcours hyper bizarre. Ma mère était dessinatrice textile, elle avait son atelier à la maison alors j’ai baigné dans la mode depuis toute petite. J’ai fait les Beaux Arts, ensuite une école de mode et à l’époque j’avais même écrit une petite émission de télé, ça me titillait mais sans plus. A la fin de mon cursus (dans lequel je suis sortie les doigts dans le nez, je ne sais toujours pas comment), je voulais travailler pour les gens que j’admirais. C’était John Galliano, à ce moment-là. J’ai décroché un stage chez Dior et j’ai été embauchée 3 mois après, dans la partie lingerie.
 
Comment tu es arrivée à la TV après ?
Il y a 12-13 ans, un ami m’a appelée pour passer un casting.  Ils avaient besoin de gens « normaux », qui pouvaient parler de leur métier sur un plateau TV. J’y suis allée pour dépanner ! J’ai déboulé en plein été et je me suis retrouvée face à Maitena Biraben, j’ai parlé de ce que je faisais et puis je suis retournée au bureau. Quelques jours plus tard, la comptabilité m’a appelée en me disant combien j’étais payée pour les chroniques, je ne comprenais rien ! Bêtement, je me suis dit que je pouvais faire les deux. J’ai demandé chez Dior et on m’a dit non. J’ai eu 15 minutes pour quitter les lieux, dire au revoir à tous mes amis, j’ai pris un taxi et deux heures après j’étais sur un plateau. On ne m’a rien appris, d’ailleurs pendant 2 ans je n’ai pas regardé la caméra puisqu’on ne m’avait toujours pas dit qu’il fallait la regarder quand on faisait une chronique. J’ai appris à écrire, c’était laborieux au début mais ça a bien fonctionné, et j’ai enchainé la quotidienne avec Maitena. Je n’ai plus jamais retouché à un crayon de ma vie.
 
Et la mode ne te manque pas ?
Mis à part Le Tube, j’ai toujours fait des quotidiennes, c’est très prenant. J’ai enquillé Nous ne sommes pas des Anges, la Matinale, L’Edition Spéciale… Je suis tombée sur des gens supers et surtout, j’ai pu choisir. Je suis restée dans des émissions d’info pour apprendre le métier de journaliste et j’ai préféré les premières années, parler de mode et mettre en avant des gens plutôt que de faire des créations pour un nom. C’était plus enrichissant pour moi et ça ne m’a pas manqué.
En plus de présenter des émissions, tu as participé à leur création comme Le Tube par exemple. Comment c’était ?
C’était trash ! Le Grand Journal s’est terminé précipitamment, Michel Denisot m’a annoncé qu’il arrêtait, je pensais faire la même chose aussi. Et j’ai eu une semaine pour créer Le Tube avec le producteur, accouchement compris. 2 jours avant d’accoucher, j’ai dû trouver un rédacteur en chef. On s’est fait un speed dating, j’avais déjà les contractions ! Et puis pendant, l’équipe a recruté 4 journalistes. Quand je suis revenue de la maternité avec mon tout petit bébé, on était déjà en réunion. Je ne suis pas pour que les mères reviennent direct au travail, mais il fallait réfléchir à la structure de l’émission, lui trouver un nom, un fil conducteur. J’ai eu un mois pour me reposer et c’était parti. Il y avait tout à prouver parce que c’était une case qui était morte depuis 6 ans. Les audiences ne décollaient pas et quand tu sors du Grand Journal, on t’attend toujours au tournant, je ne sais pas pourquoi. Finalement, on a fait deux excellentes années.
 
Pas trop dur de laisser le bébé tous les matins ?
A chaque fois que j’ai fait des émissions difficiles, je suis tombée enceinte ! Pendant La Matinale, quand tu te lèves à 4h du matin et que tu te couches à 21h par exemple. C’était super difficile, j’ai pris 24kg à l’antenne, mais c’était mon essence aussi, ça m’a boostée. Je me suis toujours débrouillée pour être là, je pense qu’elles ne se rendent pas compte que maman bosse autant...
 
Si tu devais te rappeler d’un bon souvenir dans ta carrière ?
Quand Joshua m’a donné cette chance de passer ce premier casting. C’était un heureux hasard, un accident cool de parcours. Ça m’a permis de découvrir un métier que je respecte chaque jour un peu plus. Ensuite la rencontre avec Bruce Toussaint, Ariel Wizman, Nicolas Domenach, Fabien Henrion (le producteur de La Nouvelle Edition). Je suis toujours bien tombée !
 
A quoi ressemble ton quotidien, les journées sont-elles aussi rythmées qu’on le pense ?
J’aimerais bien me coucher plus tard mais je n’y arrive plus ! Ma vie est millimétrée et c’est ce qui me pèse quelques fois parce que je n’ai jamais été comme ça. Je n’aimais pas l’école, j’étais une flemmarde, une bordélique... Et là j’ai des horaires extrêmement fixes, je suis notée tous les jours puisqu’on a les audiences tous les matins à 9h01. Je dois aussi beaucoup bosser, tout apprendre sur tout dès qu’un invité arrive sur le plateau. J’ai choisi l’inverse de ce que j’aurais dû être en fait, et je suis contente de ça ! Je suis debout à 06h45 tous les matins et je ne m’arrête pas. J’ai envie d’être là pour tout le monde, j’emmène ma fille à l’école le matin, je vais la chercher à la fin de la journée, je veux être là pour mon mec, mes amis, pour la rédaction que j'aime beaucoup. Il n’y a pas de pause, à part le samedi en journée et un peu le dimanche matin.
 
Et un dimanche parfait chez toi justement, ça ressemble à quoi ? 
Un dimanche où on arrive à déconnecter. Et puis j’ai 2 enfants que j’aime très fort, un amoureux, alors je ne suis pas très compliquée. Si déjà, on arrive à être tous les 4 dans la même pièce, je sais que mon dimanche sera bien.
Tu es marraine du "Mondial du Tatouage" cette année. Tu nous racontes ta première rencontre avec Tin-Tin, le roi des tatoueurs qui organise cet évènement ?

J’avais 18 ans et je portais un appareil dentaire. Le lendemain d’une soirée, je voulais absolument me faire percer le nombril, je trouvais ça cool à l’époque. Je suis rentrée dans le salon et je me suis retrouvée face à Tin-Tin. Il m’a regardée et m’a dit : « Mais c’est cool ce truc sur tes dents, où est-ce que tu as acheté ça ?! ». Il m’a décomplexée de tout, mon appareil dentaire était devenu rock’n’roll ! Et on ne s’est jamais revus jusqu’à ce que je reçoive son coup de fil pour être marraine du "Mondial du Tatouage" avec Sylvain (Gunther Love, son compagnon). C’est un monument ce mec, une icône.
 
Ton premier tatouage, c’était quoi ?

Quand je bossais chez Galliano, ils m’envoyaient très souvent à Londres. Je devais me faire tous les sexshops du quartier parce que je travaillais sur le sadomasochisme. Les boutiques sont tellement chics qu’elles sont plantées au milieu des écoles et boulangeries. Je passais toujours devant un petit salon de tatouages, alors un jour je suis rentrée et j’ai rencontré Sharon. Je me suis fait tatouée le prénom de ma première fille, Hedda. Et ca a été une mini jouissance, je n’ai pas souffert mais j’ai tellement pleuré !
 
Combien en as-tu aujourd’hui ?

Je ne sais pas du tout !  A chaque fois que je vais à Londres, je vais chez Sharon et avec mon amoureux, on va toujours se faire tatouer ensemble, je sais c’est cucul à mort... Une fois, on ne s’est pas dit ce qu’on allait se faire : J’avais fait nos initiales avec un cœur et lui mon prénom sur l’épaule. Chose qu’on te dit de ne surtout pas faire, sauf qu’on est tellement heureux qu’on s’en fout ! Finalement chaque tatouage, c’est une correspondance. On s’envoie des messages avec Sharon, on échange et c’est elle qui choisit la version finale.
 
Pourquoi avoir accepté le "Mondial du Tatouage" ?

Sylvain et moi, on fait très peu de choses ensemble, on est assez pudiques. Sauf que Tin-Tin m’a parlé de l’édito que j’avais fait dans La Nouvelle Edition après les attentats du 13 novembre. Je n’ai pas vu la portée de ce truc, ce n’était pas calculé. J’écris le matin même ce que j’ai sur le cœur, parfois c’est drôle, parfois plus engagé, anecdotique et gratos mais j’assume ! Là, c’étaient des jours difficiles à vivre, pour le monde entier et je ne savais pas quels mots utiliser. Tout était écrit sur moi, alors j’ai simplement parlé de ce que je ressentais avec mon cœur et mon corps. Tin-Tin m’a dit que c’était rare dans ce milieu, c’est vrai que les gens n’assument pas forcément d’être tatoués. Moi j’ai un rapport presque amoureux avec ça, ce sont des porte-bonheur ! Je ne suis pas beaucoup tatouée par rapport à son entourage mais il m’a choisie pour ce que j’émettais. Et est-ce qu’on peut dire non à Tin-Tin ?
Je suis contente que ça rende le tatouage accessible. Je flippais la première fois, alors qu’en fait, tu rencontres des gens incroyables. Tu passes du temps avec eux, ils ont des histoires hallucinantes.
 
Passons aux bonnes adresses, où est-ce qu’on peut te croiser à Paris ? Tes coups de cœur et petites habitudes ?
- Déco: Chez Neptune à Montreuil pour la brocante, chez Merci pour les inspirations, et aux puces de Saint Ouen.
- Club : A mon avis, prochainement au Riviera qui ouvre ses portes en mars.
- Food : Pour ceux qui sont désespérés à Boulogne, il y a Tough Burger, un concept store avec restaurant / galerie / tatouages / shop streetwear, c'est génial.
 
Ton conseil make-up miracle ?

Le Lip Glow de chez Dior, et un verre de rhum !
 
Qu’est-ce que tu conseillerais aux filles qui voudraient se lancer dans la TV ?

La seule chose si tu veux faire de la TV, ne te dis pas que tu veux faire de la TV ! Il faut un métier à la base, c’est très facile de se faire repérer, mais sans qualifications tu es foutue. Et puis il faut bosser, provoquer la chance et être culottée.
 
Et qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui veut se faire tatouer ?
« Cool, qu’est-ce que tu vas te faire ?! »



Les adresses de Daphné :
Venez la croiser les 4, 5 et 6 mars au MONDIAL DU TATOUAGE, sous la Grande Halle de la Villette : Plus d'infos ici.
‪MARCHE AUX PUCES DE ST OUEN : 142 Rue des Rosiers, 93400 Saint-Ouen
NEPTUNE : 36, boulevard Paul Vaillant Couturier 93100 Montreuil - 01 48 51 54 62
MERCI : Boulevard Beaumarchais 75003 Paris - 01 42 77 00 33
LE RIVIERA : 2 villa Godelet 75011 Paris
TOUGH BURGER : 40 rue de Meudon 92100 Boulogne-Billancourt
 

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