Nouvelle Adresse

La 7e adresse Sézane vient d’ouvrir au 63, Boulevard des Batignolles à Paris.
Dans cet espace pensé comme un bazar de quartier, les vêtements de seconde main côtoient les dernières collections en harmonie. Visite.

Libre Service,
l'amour du vintage retrouvé


Il y a quelque chose de jouissif à essayer un jean 501 vintage avec la bande originale de Flashdance en fond sonore. Dans mes souvenirs, les deux sont si étroitement liés – à 15 ans, je ne portais que des Levi’s et rêvais de la grâce de Jennifer Beals – qu’en quelques secondes, me voilà à nouveau adolescente. Sauf que, contrairement à mes précédentes tentatives d’achat denim en friperie, le jean est dans un état impeccable, je suis assise sur une élégante banquette en lin moka et, sur le mur écru, un mantra ponctue mon essayage – « comment faire pour écouter ses désirs ? ». 
 
Je suis au sous-sol du Libre Service, le nouveau magasin parisien Sézane qui vient d’ouvrir dans le XVIIe, et me suis mêlée aux clientes le temps d’une visite en vue d’écrire cet article. En sortant de la cabine, un vendeur tout sourire me demande si je souhaite une citronnade ou un café. Je le remercie et lui rends les 501. J’avais oublié à quel point les toiles denim ont évolué en près de 30 ans. Plus lourdes et dépourvues d’élasthanne, elles ne me paraissent plus aussi confortables que dans mon souvenir. 

 

UPCYCLING À PARTIR DE TISSUS SÉZANE
« Il faut du temps pour qu’un jean 501 se moule parfaitement à ses formes », me rappelle Lorraine Girodon, la cheffe de projet du Libre Service. Elle en sait quelque chose : c’est à elle que l’on doit toute l’offre vintage du nouveau magasin. Soit, au rez-de-chaussée, un portant de jeans, un autre de blouses – dont une majorité en matières naturelles –, une sélection de bijoux et de foulards emballés dans des pochettes en carton qui rappellent celles des 45 tours. Des vêtements et des accessoires issus de l’upcycling complètent l’ensemble : à partir de chutes de tissus Sézane de précédentes collections, Anaïs Dautais, la jeune créatrice des Récupérables, a taillé un top inédit, Hotel Vetements a conçu des chouchous et l’équipe de style a réédité la Will – l’iconique veste Sézane – dans des versions collectors. 
 
Neuf et ancien se mêlent avec un tel naturel sur les silhouettes des Stockman que l’on peine à les distinguer. La boucle est bouclée : En 2008, cinq ans avant de fonder Sézane, Morgane Sézalory proposait déjà des sélections vintage sur son site des Composantes. « On voulait y revenir depuis longtemps, m’explique Lorraine, mais il nous manquait l’écrin. » Avec ses 400 mètres carrés, le Libre Service se prête au mélange des genres. Chaque type de vêtements d’occasion est pensé comme une histoire éditorialisée. Pour le moment, sont présentés des blouses et des 501, mais des blazers et des tee-shirts américains des années 80 et 90 prendront le relais début novembre.

 

OFFRE SÉLECTIVE MAIS PRIX ACCESSIBLES
Pas question pour autant de laisser les prix s’envoler. Les blouses démarrent à 45 euros, les jeans sont à 65 euros, les foulards en soie à 30, qu’ils soient ou non griffés. Des tarifs plus élevés qu’en friperie, mais justifiés par le travail de sélection et de remise en état. Plutôt que les grossistes – qui vendent par lots –, Lorraine a privilégié des fournisseurs qui se sourcent directement auprès de particuliers. Un travail de fourmi qui garantit une plus grande qualité des pièces à l’arrivée.
 
À en juger par les ventes des premiers jours, l’idée plaît. J’ai bien envie de demander à Lorraine de nous trouver encore plus de blouses en coton des années 30 et de foulards 80s aux imprimés chatoyants, mais, au même moment, je réalise l’impossibilité intrinsèque d’une telle démarche. La demande de Levi’s 501, par exemple, est telle qu’il y a une pénurie sur les petites tailles. Une offre de seconde main est limitée car elle est rare, c’est précisément ce qui fait son charme et sa valeur. Il faut de la patience pour trouver le vêtement qui s’ajoutera à notre collection de pièces uniques.

 

ÉCRIN AU MOBILIER CHINÉ ET PLAYLIST À L’AVENANT
Ce caractère vintage se retrouve dans l’aménagement du magasin et en particulier dans le mobilier, en bonne partie chiné. L’offre lifestyle – papeterie et cabas exclusifs, produits de beauté éco-friendly – est présentée sur un meuble qui, dans une première vie, servait à la fabrication des cigares. Le grand miroir orientalisant accroché derrière les caisses a un piqué qu’aucun modèle neuf ne pourrait imiter. Mais, comme pour les vêtements, c’est le mélange qui prime. Les placards ont été fabriqués sur mesure car leur agencement correspond à des besoins opérationnels précis. Chaque détail est pensé pour fluidifier l’expérience en magasin… tout en restaurant le cachet originel du lieu : l’espace, qui fut longtemps un bazar avant de devenir une parapharmacie, avait besoin d’être élagué pour apparaître dans son élégance première. Des cloisons ont été abattues, les hauteurs sous plafond et les corniches restaurées. Je quitte les lieux au son de La Isla Bonita : il ne manquait que Madonna circa 1986 pour que le cocktail des époques soit complet. 

Et aussi…


Une Conciergerie pensée comme un lieu de vie
Installée au sein du Libre Service (et non dans un espace à part comme à L’Appartement rue Saint Fiacre), la conciergerie permet de venir chercher sa commande et de l’essayer sur place, de réceptionner retours et échanges sans attente, de demander une retouche ou une réparation, de recycler vêtements et livres. Sont également proposés gracieusement des cafés, une station pour recharger son téléphone portable, une fontaine à eau pour remplir sa gourde, un panneau de petites annonces et une boîte aux lettres.    
 

Une Secret Room pour l’émotion
Lors de votre prochaine visite, n’oubliez pas d’aller voir ce qui se cache derrière le rideau rouge au fond des cabines. Vous y découvrirez, dans une pièce aux murs discrètement tendus de velours grenat, une expérience sonore qui variera à chaque saison. La première, réalisée par Chloé du podcast Cordes sensibles, a pour thème l’amour. Des extraits de chansons s’entremêlent à des archives de l’INA. Une parenthèse pleine de légèreté à savourer loin du tumulte de la capitale.


À bientôt au Libre Service

63 Boulevard des Batignolles, ​Paris XVIIème
Du lundi au samedi de 11h à 20h 

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