REPORTAGE

Vous vous demandez comment sont réalisées les photos chez Sézane ? Venez, je vous raconte et vous présente l’équipe.

DANS LES COULISSES DU SHOOTING DE LA COLLECTION HIVER


« Tu verras, les shootings, ça rend accro. » Quand Laura, en charge de l’image chez Sézane, me propose de faire un reportage dans le studio où la prochaine collection doit être photographiée, je n’hésite pas une seconde, trop heureuse de pouvoir assister à la construction d’une nouvelle histoire de la marque.
 

GRANDE VERRIÈRE ET TOILE BASTILLE
Quelques jours plus tard, je la retrouve dans un vieux hangar caché au fond d’une cour de Saint-Denis, en banlieue parisienne. Le lieu ne paie pas de mine, mais sa grande verrière assure une luminosité naturelle exceptionnelle. Loane, jeune mannequin aux yeux de chat et à la coupe garçonne, pose devant, assise sur un tabouret. Derrière elle, une grande toile théâtralement suspendue à un support métallique, me rappelle celles qu’utilisaient Richard Avedon et Irving Penn. « On voulait recréer l’ambiance d’un atelier d’artiste », m’explique Laura, l’œil rivé sur l’écran auquel est relié l’appareil photo du photographe.
 
Loane change de position, incline la tête, sourit avec grâce et naturel, comme si elle était seule face au photographe. Pourtant, que d’attention autour d’elle ! On me présente Marion, la directrice artistique, Samira, la set-designer, Christelle, en charge du maquillage et de la coiffure. Bryan et Daniel, les assistants photo, sont trop occupés à tenir des panneaux réfléchissants pour me remarquer. 

 

UNE QUÊTE COLLECTIVE DE BEAUTÉ
Je les laisse travailler et engage la conversation avec Anne-Sophie et Anaïs, les productrices. Elles ont pour rôle d’organiser les prises de vue. Ce sont elles qui trouvent les lieux et les mannequins et qui coordonnent l’équipe. Ce shooting se passe bien, mais elles ont eu chaud : la veille, la modèle prévue a annulé pour des raisons familiales. Anne-Sophie et Laura ont passé leur journée au téléphone pour lui trouver une remplaçante. « On est habituées aux changements constants et aux poussées d’adrénaline, s’amuse Anne-Sophie. Il y a des moments de stress, mais tout cela est au service de la création. »  
 
Sur un shooting, rien n’est plus impressionnant que cette quête collective de beauté. Au moment où les images se font, il s’agit moins de vendre un vêtement que de déclencher une émotion. Chacun sait ce qu’il a à faire pour y contribuer à sa manière. 









SPONTANÉITÉ ET ADAPTABILITÉ
Chez Sézane encore plus qu’ailleurs, l’adaptabilité est de mise. « Sur un shooting de mode classique, on photographie cinq looks par jour, m’explique le photographe. Ici, c’est 25 ou 30. Ça rend les choses plus libres et spontanées », s’enthousiasme-t-il. Pas question pour autant de bâcler la moindre image : Sézane étant avant tout une marque digitale, la qualité des photos joue un rôle déterminant dans la présentation des produits. Après le shooting, une chromie particulière leur sera appliquée. Il ne s’agit pas de retoucher – les formes ne sont pas modifiées – mais d’adapter l’éclairage et les couleurs afin de mieux faire ressortir chaque détail du vêtement photographié. C’est aussi ce qui leur apportera la « signature » Sézane.
 
Tout le monde paraît de bonne humeur, mais l’équipe ne connaît aucun temps mort. L’ensemble de la collection doit être photographié en deux jours. Ivan est confiant : « Elles savent ce qu’elles veulent et tout le monde se connaît bien. » Les shootings sont nombreux chez Sézane – trois jours par semaine en moyenne. 



ESPRIT DE FAMILLE
Je monte à l’étage voir Daphné qui, assistée de Victoria, photographie chaque accessoire de la collection en nature morte. Elles sont en train de disposer des chaussures sur des tabourets en bois. « On veille à rester dans le thème du prêt-à-porter », m’informe-t-elle. Elle aussi apprécie le rythme soutenu des shootings. « Une image est toujours éphémère chez Sézane. C’est ce qui fait qu’on n’a pas le temps de se lasser. »
 
À force de travailler ensemble, l’équipe, toujours la même, a un fonctionnement bien rôdé. « Les voyages nous soudent, estime Anne-Sophie. Même à l’école je n’étais pas aussi proche de mes copines. » Christelle, la coiffeuse-maquilleuse, abonde : « Les voyages créent un esprit de famille. En déplacement, on est sans enfants ni repas à préparer. Les journées sont plus longues, on est dans un état de disponibilité unique qui nous embarque. »
 

BEAUTÉ SANS ARTIFICES
Avec ses bras tatoués, son piercing dans le nez et ses ongles vernis de noir, Christelle est à des années-lumière de l’image de la maison. Elle en a pourtant une perception affinée par trois ans de collaboration. « Le fil conducteur, c’est le naturel. Nos modèles ne sont pas toujours des mannequins professionnels, on ne cherche pas forcément des filles d’1,80m, mais elles doivent dégager une fraîcheur spontanée. » Comment cela se traduit-il en termes de coiffure et de maquillage ? « Je maquille peu, je ne veux pas déguiser. En revanche, Morgane est très sensible au mouvement des cheveux. Je cherche donc à les magnifier sans pour autant recourir à beaucoup d’artifices. » 
 
Une désinvolture toute parisienne, mais qui ne se laisse enfermer dans aucune case. « La femme Sézane évolue tout le temps et ne cherche pas à se conformer aux tendances, décrypte Laura. Elle ne reste pas figée dans un style preppy, rock ou bohème. Elle s’exprimera différemment au bureau, en week-end ou au sport. » À nous de choisir…

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visite. Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici.