Chaque semaine, un regard singulier sur Sézane et l'art de vivre

LE JOURNAL DE GÉRALDINE

Il y a mille et une façon de parler du cancer du sein.
Cette semaine, à l’occasion d’Octobre rose, j’ai choisi de vous offrir des clés pour mieux vivre la maladie… ou vous en prémunir grâce à un dépistage adapté.

 

@ilaria_clari

Cancer du sein : comment prendre soin de soi pendant la maladie ?

N°01

INTRODUCTION

Combattre un cancer du sein passe par la médecine: chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie… Mais à côté des traitements lourds, il existe des moyens complémentaires de se faire du bien. Par manque de temps, chirurgiens et oncologues ne vous en parleront pas forcément. Ils peuvent pourtant vous aider à mieux vivre cette période redoutée et à préparer la délicate étape de l’après-cancer.

J’en parle d’expérience : la plupart des ressources que je vous présente ici ont été des soutiens majeurs lorsque j’ai dû faire face à mon propre cancer du sein. L’idée n’est pas de vous inciter à les adopter toutes, mais de vous aider à vous emparer de celles qui vous correspondent afin de vous sentir actrice de votre guérison. Notez que je m’adresse à vous en tant qu’ex-patiente. Il ne s’agit en aucun cas d’un point de vue de professionnel de santé. 

@ilaria_clari

@ilaria_clari

N°02

PARLER

L’annonce du cancer laisse sans voix. En état de sidération, le cerveau met du temps à assimiler l’information. Dans un premier temps, on peut avoir besoin de solitude pour encaisser la nouvelle. Les nombreux échanges que j’ai eus avec des malades montrent en revanche  l’importance de ne pas s’enfermer dans l’isolement. Un cancer déclenche un tel big-bang d’émotions et provoque tant de changements dans la vie de la personne que trouver quelqu’un à qui en parler permet d’extérioriser, de mettre à distance, d’assimiler.




 
​Le rôle de l’entourage -un compagnon ou une compagne, une mère, une sœur, une amie- est déterminant, pourvu qu’il ou elle sache se montrer présent et à l’écoute. S’ouvrir à un psy peut aussi s’avérer salutaire, afin de comprendre dans quel contexte la maladie survient, d’explorer un sentiment de colère, d’impuissance, de honte ou de culpabilité, et plus généralement d’analyser le trouble existentiel engendré par l’annonce. Votre oncologue ou les infirmières auront sûrement quelqu’un à vous recommander, peut-être même dans l’enceinte de leur établissement.
 
Les échanges avec des malades sont une autre piste à explorer. Pour entrer en contact avec elles, plusieurs solutions s’offrent à vous. Le site Mon réseau cancer du sein aborde sous la forme de forums de nombreuses thématiques dans un esprit d’entraide. Sur Instagram, le jeu des hashtags permet d’avoir accès à une multitude de communautés de patientes. De mon côté, à la fin de mes traitements, j’échangeais avec tant de lectrices concernées que j’ai créé un groupe Facebook réservé aux personnes directement touchées par la maladie. Je trouve cet espace confidentiel plus intimiste et moins anxiogène que ce que j’ai pu voir ailleurs. Il suffit de m’envoyer un mail (g.dormoy@sezane.com) pour que je vous en explique le fonctionnement.
 
Les réseaux sociaux vous rebutent ? Peut-être qu’une association vous correspondra davantage. Les Centres Ressource offrent une palette d’informations et d’activités tournées vers le bien-être (yoga, sports adaptés, auto-hynose…) et le soutien médico-social, ainsi qu’un accompagnement thérapeutique personnalisé. Autant d’occasions d’échanger avec des professionnels avertis et de rencontrer d’autres patientes. Il en existe six en France (à Paris, depuis mai 2019, le Centre Ressource a pris son indépendance et s’appelle désormais l’Atelier Cognacq-Jay).
 
L’association RoseUp a de son côté inauguré une maison à Bordeaux et une autre à Paris, là encore dans le but d’accompagner les malades dans la douceur et la bienveillance. Elles sont ouvertes aux personnes atteintes de tout type de cancer, en traitement ou en post-traitement.

N°03

LE CORPS

FAIRE DU SPORT
Tous les médecins que j’ai rencontrés me l’ont assuré : si vous êtes suffisamment en forme pour bouger, le sport ne peut qu’être bénéfique pendant les traitements. Il permet d’éliminer les toxines inhérentes à la chimiothérapie, il fait du bien au moral et prévient les risques de fonte musculaire.
Une telle pratique vous intimide ? Au début, une simple marche suffit. Tout pour ne pas rester chez soi en pyjama à broyer du noir ! Ensuite, on peut se tourner vers un yoga doux qui aidera à reconnecter corps et esprit, ou l’escrime, une pratique aux effets reconnus sur la posture et la mobilité de l’épaule - souvent mise à mal par le retrait des ganglions.

@ilaria_clari

 

ANTICIPER LA CHUTE DES CHEVEUX
L’alopécie est l’une des étapes les plus difficiles de la maladie. Le port d’un casque réfrigérant pendant la chimio peut fonctionner - grâce à lui, j’ai pu conserver près de la moitié de ma densité capillaire - mais mieux vaut prévoir que l’on finira par se raser la tête. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y a rien à faire pour améliorer son confort.  

Quelques jours avant la première cure de chimio, il est conseillé de se rendre chez un coiffeur de confiance, à qui l’on demandera une coupe très courte. Cela favorisera l’efficacité du casque et rendra la perte progressive des cheveux moins traumatisante.
 
Si vous envisagez le port d’une perruque, voici quelques adresses de confiance à Paris :
Any d’Avray, 25 rue Danielle casanova dans le Ier (avec des antennes en province)
Institut Capillaire Elite, 41 rue de Courcelles, dans le VIIIe (nombreux revendeurs Elite Hair dans toute la France)
L’Atelier des Rendez-Vous, 5 bis rue Godefroy Cavaignac, dans le XIe
Princesse A dans le XVIIe
Ainsi que deux magasins proposant une offre plus globale (foulards, prothèses mammaires, lingerie, maillots de bain) :
Fée pour elle, 45 rue Gay Lussac, dans le Ve et 16 avenue Claude Vellefaux dans le Xe
L’embellie, 24 rue de Charenton, dans le XIIe.
N’hésitez pas à vous y rendre plusieurs fois, le personnel est formé aux spécificités de cet achat. Il pourra ensuite retoucher le modèle choisi jusqu’à ce qu’il vous semble le mieux adapté à votre visage.
 
Les Frangynes propose toute une gamme de turbans et de foulards adaptés, auxquels fixer une frange de cheveux synthétiques. Les turbans, bandeaux et bonnets Entrenoue et Indira de Paris sont également pensés pour masquer une alopécie.
 
En cas de chute des sourcils, on peut se tourner vers un maquillage semi-permanent (L’Atelier du sourcil est bien rôdé) ou des séances de microblading (un stylo métallique doté de nano aiguilles formant une lame redessine les sourcils à la manière d’une calligraphie). La crème à sourcils waterproof K brow! de Benefit a également fait ses preuves (aux bars à sourcils Sephora, les démonstratrices montrent comment l’utiliser).
 
PROTÉGER SES ONGLES
La chimio, en particulier le Taxol (du nom du produit distillé en intraveineuse), peut endommager les ongles. Pour les protéger, il est recommander d’appliquer un vernis à ongles foncé -pour protéger des UV- et riche en Selenium. Ceux de La Roche Posay remplissent bien ce rôle. En complément, appliquer quotidiennement le soin réparateur Evonail.
 

@ilaria_clari

N°04

L'ESPRIT

MÉDITER
Si vous n’avez pas encore consulté un livre de Christophe André ou écouté une séance sur l’application Petit Bambou, c’est le moment d’ouvrir vos chakras en suivant une de leurs méditations guidées. Contrairement aux idées reçues, méditer ne sert pas à « faire le vide » mais à renouer avec ses sensations corporelles et examiner les multiples pensées qui encombrent son esprit afin de s’en détacher. Cette démarche s’appuie sur la respiration. Au départ réfractaire, j’ai été surprise de voir l’espace mental que cela m’ouvrait. L’arrivée d’un cancer remue tant d’émotions que la méditation est rapidement devenue, pour moi, un moyen simple et efficace d’évacuer ruminations du passé et projections dans l’avenir afin de me concentrer sur l’instant présent





SE RESSOURCER
Le cancer amène à changer ses priorités. Certaines préoccupations matérielles deviennent soudain dérisoires au regard du danger que la maladie représente. La nature, a contrario, reprend une place centrale du fait de son caractère permanent et indomptable. Le contact avec les arbres, la vue de la mer ou de la montagne apaisent comme jamais auparavant : quoi de plus rassurant qu’un paysage verdoyant immuable lorsque l’on est soi-même assailli de transformations corporelles ? Je n’ai jamais autant apprécié les balades en forêt avec mon fils que durant mes traitements. 

SE FAIRE PLAISIR ET CÉLÉBRER
Faire face au cancer rappelle qu’il n’y a plus de temps à perdre. N’attendez plus pour partir en week-end en amoureux (une cure peut souvent être décalée), pour voir les gens qui vous sont chers ou pour vous essayer à la peinture. Identifiez ce qui vous fait du bien, autorisez-vous à y avoir accès et célébrez chaque victoire (je garde un souvenir mémorable de ma fête post-chimio). Les personnes qui développent un cancer font souvent passer les autres avant elles-mêmes. Il est temps de redevenir sa propre priorité.

OBSERVER L'ÉVOLUTION DE SON RAPPORT À LA FÉMINITÉ
Le cancer provoque des changements corporels. La poitrine n’est plus la même, les cheveux tombent, les cils, les sourcils, les poils aussi, le teint change d’aspect, le poids varie. Le rapport à la féminité s’en trouve transformé. Ce n’est pas forcément dramatique. Sensible à la remise en question actuelle des représentations trop genrées, j’ai observé mon évolution avec curiosité. Dépouillée du masque du maquillage (je craignais que cela fragilise ma peau et mes cils), je me suis regardée avec plus d’attention et de clémence. Je me suis rendu compte que je ne me sentais pas moins femme avec un sein en moins, que le mascara ne m’était pas si indispensable, que les cheveux courts mettaient mon cou en valeur.
 
Si, au contraire, vous sentez que le maquillage peut vous aider, demandez aux infirmières s’il est possible d’obtenir un rendez-vous avec une socio-esthéticienne. Formée pour pratiquer des soins esthétiques sur les personnes souffrantes, fragilisées ou en détresse sociale, elle dispose à la fois de compétences techniques, de capacités d'écoute et d'aptitudes pour prendre en compte les spécificités de ces publics.
 
Notez aussi que deux lignes de cosmétiques ont été pensées spécifiquement par et pour les malades : Même - dont les bienfaits de la Brume pour le cuir chevelu ne sont plus à démontrer - et Ozalys, dotée d’une riche gamme de soins.

N°05

LES SOINS COMPLÉMENTAIRES

La chimio perturbe le système digestif, l’hormonothérapie affecte l’équilibre hormonal. Autant de bouleversements corporels qu’il est plus facile d’appréhender aidée d’un professionnel de la nutrition. Alors que l’entourage est prompt à donner son avis sur la meilleure façon de s’alimenter (ou de jeûner) en cas de cancer, une personne référente permet de limiter les interrogations. Elle saura quels compléments alimentaires vous prescrire et à quels ajustements procéder pour apporter à votre corps ce dont il a besoin.

@ilaria_clari






Plus ou moins bien tolérées par les médecins traditionnels, ces aides - qui ne peuvent être choisies qu’en complément des traitements classiques - sont à considérer en fonction de la sensibilité de chacune. Elles proposent de limiter l’impact des traitements, de soulager les douleurs, d’apaiser les angoisses. Leurs effets ne sont pas prouvés, mais qui sait, peut-être certaines auront sur vous une action bénéfique ? Par mesure de prudence, mieux vaut en avertir au préalable votre oncologue.
 
SOPHROLOGIE
Cette discipline de relaxation offre des techniques pour développer la conscience de façon à harmoniser le corps et l'esprit. Grâce à des exercices de visualisation, on apprend à se calmer dans les moments de stress mais aussi à positiver le traitement en vue de mieux l’accepter.
 
ACUPUNCTURE
Pour prévenir des nausées, des vomissements, de la fatigue provoqués par la chimio. Privilégier un praticien qualifié qui a déjà travaillé auprès de personnes atteintes de cancer.
 
HOMÉOPATHIE
Pour soutenir le psychisme après l’annonce du diagnostic, pour prévenir l’hématome de la biopsie, pour favoriser la cicatrisation en cas de chirurgie, pour lutter contre les effets secondaires de la chimio, pour limiter les rougeurs cutanées de la radiothérapie ou les bouffées de chaleur de l’hormonothérapie.
 
KINÉSITHÉRAPIE
Après un curage axillaire, 10% des patientes sont confrontées à un lymphœdème, autrement dit un œdème du bras concerné. Pour le réduire, on peut recourir à la physiothérapie dégongestive combinée, qui associe drainage lymphatique et bandages de contention. Si cela ne suffit pas, un traitement intensif avec hospitalisation, voire une autogreffe ganglionnaire, sont possibles.
 
CURE THERMALE
Plusieurs stations françaises se sont spécialisées dans les soins post-cancer. Argelès-Gazost, Luz-Saint-Sauveur et La Léchère-les-Bains sont connues pour leur prise en charge du lymphoedème, La Roche-Posay met en avant les vertus curatives de son eau sur la peau. Dans ces établissements, les cures de trois semaines sont remboursées par la Sécurité Sociale.
 
RÉFLEXOLOGIE PLANTAIRE
Issue de la médecine traditionnelle chinoise, cette discipline propose une technique de massage des points d’acupuncture afin de stimuler les parties du corps en difficulté. Elle agit si efficacement sur le système nerveux qu’elle offre un surprenant lâcher prise : pendant qu’on se fait masser les pieds, la tête est au repos ! Détente garantie.
 
EMDR
L’EMDR - eye movement desensitization and reprocessing en anglais, littéralement intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires - est un type d’intervention à visée psychothérapeutique de plus en plus utilisé en cas de stress post-traumatique. En cas d’annonce vécue trop violemment ou de prise en charge mal adaptée, cette approche par stimulations sensorielles peut aider la patiente à revenir sur son traumatisme sans avoir à l’évoquer directement.
 
MAGNÉTISEUR ET COUPEUR DE FEU
En cas de brûlure cutanée pendant la radiothérapie, le recours à un coupeur de feu est fréquent et de plus en plus toléré par le personnel médical. Le magnétiseur passe sa main au-dessus des brûlures, la personne malade ressent une forte chaleur et sort apaisée de la séance (souvent gratuite). Charlatanisme ou aide véritable ? À chacune de juger, l’esprit tranquille puisqu’il n’y a pas de contre-indication.
 
HYPNOSE
L'hypnose est un état de conscience modifié. Dans un cadre clinique, elle permet, par la relaxation et la suggestion, de mieux maîtriser certains symptômes ou de modifier des comportements que l’on souhaite changer. Certaines malades y ont recours pour calmer anxiété, dépression ou troubles du sommeil.

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