Chaque semaine, un regard singulier sur Sézane et l'art de vivre

LE JOURNAL DE GÉRALDINE

Il y a mille et une façon de parler du cancer du sein.
Cette semaine, à l’occasion d’Octobre rose, j’ai choisi de vous offrir des clés pour mieux vivre la maladie… ou vous en prémunir grâce à un dépistage adapté.


 

@margauxavril

 
​Que lire quand on est malade est une vraie question. On a envie de savoir ce qui nous attend, mais on se sait fragile : une simple phrase peut amorcer d’inutiles inquiétudes. Et puis lire un texte requiert des capacités de concentration que l’on n’a pas toujours au moment des cures. Souvent, on préfère s’évader dans des fictions à des années-lumière de l’univers du cancer. Pendant mes traitements, je me suis ainsi prise de passion pour la série Top of the Lake, de Jane Campion. Le chemin de croix de l’héroïne, une inspectrice qui enquête sur la disparition d’une fillette au fin fond de la Nouvelle-Zélande, avait sur moi un effet cathartique. Elisabeth Moss exprimait la douleur avec tant de justesse que j’ai ensuite enchaîné sur toutes les saisons de The Handmaid’s Tale. Ouf, j’avais trouvé une femme qui souffrait plus que moi !
 
Ce n’est finalement qu’une fois l’épreuve de la chimiothérapie derrière moi que j’ai eu envie de lire sur la maladie. Après avoir posé mes propres mots sur le cancer, je suis allée chercher ceux des autres pour le regarder avec plus de distance. J’ai ouvert beaucoup d’ouvrages, en français et en anglais, pour préparer la sélection ci-dessous. Je voulais vous prémunir contre toute approche déprimante ou négative. À mes yeux, ces cinq-là aident à guérir. Accompagnants et soignants y découvriront aussi d’autres façons d’aborder la maladie.

Bonne lecture !

N°01

​Une joie féroce

Sorj Chalandon (éd. Grasset, 2019)

C’est l’histoire de Jeanne Hervineau, une libraire gentille et effacée qui a connu des jours meilleurs. Alors qu’elle ne s’est jamais complètement remise de la mort de son fils, que son mari ne la regarde plus, voilà qu’un cancer du sein lui tombe dessus. La suite n’en est pas triste pour autant. Galvanisée par le soutien de nouvelles amies, elle va peu à peu apprendre à saisir sa vie à bras le corps.

N°02

​La guerre des tétons

Lili Sohn (éd. Michel Lafon, 2015)

Si cette bande dessinée en trois tomes est devenue un classique auprès des malades, c’est qu’il y a une raison : son mélange d’humour et de pédagogie est irrésistible. On y suit l’autrice, diagnostiquée d’un cancer du sein à 29 ans. Les étapes sont familières, mais son trait faussement naïf, son écriture ronde et son sens du détail font mouche à chaque page. À mettre entre toutes les mains.

N°03

​Vivre le cancer du sein… autrement

Thierry Janssen (éd. Pocket, 2006)

Chirurgien devenu psychothérapeute, auteur d’ouvrages mêlant quête spirituelle et développement personnel (Le travail d’une vie, La solution intérieure, Confidences d’un homme en quête de cohérence…), le Belge Thierry Janssen aborde le cancer du sein comme un moyen de se révéler à soi-même. Un processus parfois douloureux, mais salutaire si l’on se donne les moyens de devenir actrice de sa guérison. Étayé de multiples témoignages, à la fois accessible et profond, son livre se lit comme un guide pour tirer le meilleur de la maladie.

N°04

Comment vivre son cancer au quotidien

Caroline Paufichet-Burnouf (éd. La Martinière, 2018)
 

Cette bible est le Laurence Pernoud du cancer du sein. Comme le classique de la littérature prénatale, elle prend la lectrice par la main et l’accompagne à chaque phase de la maladie. Foisonnant de conseils joliment illustrés, de bonnes adresses, d’interviews de praticiens, ce compagnon de route répond à toutes les questions pratiques que l’on peut se poser quand on vient d’atterrir sur la planète cancer.

N°05

​La maladie comme métaphore

Susan Sontag (éd. Christian Bourgois, 1978)

« Il est presque impossible de s’établir au royaume des malades en faisant abstraction de toutes les images sinistres qui en ont dessiné le paysage. C’est à l’élucidation de ces métaphores et à l’affranchissement de leurs servitudes que je consacre cette enquête », écrit l’intellectuelle new-yorkaise dans son essai, paru quatre ans après la survenue de son premier cancer. Comparant cette maladie à la tuberculose, elle en détaille les spécificités dans l’imaginaire collectif afin de mieux s’en détacher.


Et aussi...

 



UNE EXPOSITION
Catharsis, de Prune Nourry, à la galerie Templon, 28 rue du grenier Saint-Lazare, Paris IIIe, jusqu’au 19 octobre.
Artiste plasticienne française installée à New York, Prune Nourry a récemment été soignée pour un cancer du sein. Une expérience transformatrice dont elle a tiré des sculptures pensées comme des ex-voto - ces offrandes populaires qui cristallisent remerciements et espoirs de guérison - et un film, Serendipity, qui sortira en salles le 23 octobre.

 
D'AUTRES LIVRES
Anticancer, de David Servan-Schreiber (éd. Pocket, 2011)
Ma maman est une pirate, de Karine Surugue (éd. Gauthier Languereau, 2018)
Cancer and the City, d’Acocella Marchetto Marisa (éd. L’Iconoclaste, 2007)
Revivre !, de Guy Corneau (éd. J’ai Lu, 2013)
Les 9 clés de la rémission, de Kelly A.Turner (éd. Flammarion, 2017)

 
DES FILMS ET DES SÉRIES
De plus belle, d’Anne-Gaëlle Daval (2017), avec Florence Foresti et Mathieu Kassovitz
Ma meilleure amie, de Catherine Hardwicke (2016), avec Drew Barrymore et Toni Collette
Decoding Annie Parker, de Steven Bernstein (2013), avec Samantha Morton
Ma Ma, de Julio Medem (2016), avec Penélope Cruz
The Big C, série de Darlene Hunt (2009-2013), avec Laura Linney.

 
DES PODCASTS
Impatiente, de Maëlle Sigonneau et Mounia El Kotni (2019), produit par Nouvelles Écoutes.

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