UNE ÉCOLE AU GHANA

Beatriz, en charge du développement de Sézane aux États-Unis, s’est rendue au Ghana en juin dernier afin de découvrir l’école financée par DEMAIN et construite par l’association Pencils of Promise. Elle nous livre son témoignage.

« Mon voyage avec Pencils of Promise a renforcé mon sens des responsabilités »


« Je suis originaire de Porto-Rico, dans les Caraïbes. Du sang indien, espagnol et africain coule dans mes veines. Après une enfance passée à San Juan, la capitale de l’île, je suis partie étudier en Californie. J’ai eu la chance d’avoir des parents éduqués qui ont souhaité me donner accès aux meilleures écoles, mais mon parcours m’a permis de distinguer très tôt les différences sociales. Je me sens privilégiée, ce qui m’a poussée dès l’adolescence à m’investir dans le volontariat pour aider les autres. Autant dire que, lorsque Sézane s’est lancée dans le projet solidaire DEMAIN, son engagement m’a parlé.
 

DYNAMISME ET TÉNACITÉ
À côté des associations françaises La Voix de l’enfant et Sport dans la ville, Morgane souhaitait soutenir une association internationale. Pencils of Promise nous a frappées par son dynamisme et sa ténacité. Son but est de construire des écoles et de favoriser l’accès à l’éducation dans les pays en voie de développement. Elle fonctionne comme une start-up, ses actions ont un impact visible – de nouvelles écoles ouvrent chaque mois – et 90% du personnel qu’elle emploie est local. Autant de raisons qui nous ont décidées à en faire, depuis 2018, le partenaire de DEMAIN aux États-Unis.
 
Pencils of Promise œuvre au Ghana depuis 2012. L’association y a ouvert 164 écoles depuis sa création et plus de 500 dans le monde, pour un total de 107.000 élèves. Elle emploie 37 personnes sur place. Chaque projet inclut la construction ou la réfection de l’établissement, mais aussi la formation, la rémunération, le management des enseignants et les fournitures.

 

UN "WASH PROGRAM" POUR SENSIBILISER AUX RÈGLES D'HYGIÈNE
Le rôle de ces écoles dépasse le cadre strictement scolaire, ne serait-ce que parce qu’elles incluent le financement d’un « wash program », un « programme de lavage » qui a pour but de sensibiliser la communauté aux règles d’hygiène. Cela peut paraître aller de soi, mais beaucoup d’écoles sont implantées dans des zones rurales où la population n’a pas l’habitude d’avoir les toilettes dans une pièce, de se laver les mains ou de porter des protections hygiéniques.
 
Le wash program repose sur un « club d’hygiène » qui a vocation à accompagner le changement de mentalité vers une meilleure santé publique : il a déjà permis de former 20.000 étudiants dans le monde, dont plus de 13.000 au Ghana. Grâce à eux, c’est toute la communauté qui adopte de nouvelles habitudes.
 
Le programme d’enseignement a pour but de s’assurer que chaque élève apprend à lire et à écrire. Un test – EGRA, « early grade reading assessment », première évaluation de lecture – est organisé chaque année afin de s’assurer de ses progrès. Les professeurs sont quant à eux évalués chaque mois par l’équipe de Pencils of Promise – au moyen de visites à l’improviste – afin de mesurer leurs résultats.

 

Pendant cinq jours, j’ai pu visiter plusieurs sites d’écoles dans la région de la Volta, au sud-est du pays. Le choix de l’emplacement de chaque établissement se fait par étapes. Il y a d’abord une prise de contact avec les responsables de la communauté, puis des négociations avec le gouvernement local. Pencils of Promise souhaite s’assurer de la bonne volonté, de l’éthique et de l’organisation des dirigeants en place. L’implantation d’une école ne peut se faire que dans un village suffisamment structuré, mais l’association a également à cœur de désenclaver des lieux isolés. Il y a donc, à chaque nouveau projet, un équilibre à trouver.
 

11 LANGUES OFFICIELLES, 50 DIALECTES AU GHANA
Une fois le lieu arrêté, l’association embauche les ouvriers. Une cérémonie de « début de construction » marque le début des travaux. Trois à six mois plus tard, une cérémonie d’ouverture en marque la fin. Il est ensuite temps de recruter les enseignants.
 
L’un des plus gros défis à relever au Ghana est de permettre à tout le monde de se faire comprendre, dans un pays qui comporte onze langues officielles et plus de 50 dialectes. Lors de mon séjour, j’en ai entendu six différents ! Je ne les comprenais pas bien sûr, mais les managers et les enseignants doivent impérativement maîtriser, au minimum, l’anglais et la langue de l’ethnie Ewe, majoritaire dans la région, de confession chrétienne.

 

AGRICULTURE ET ARTISANAT
Dans les villages de cette région, les habitants vivent principalement de l’agriculture – fruits, légumes, rizières – et de l’artisanat – bijoux en perles de verre, vannerie, textile. Pour le moment, leur mode de vie est particulièrement durable : la plupart des déchets sont compostables et l’accès aux produits occidentaux est limité.
 
L’école financée par DEMAIN est à Oborpah Dgerkiti, un village de la tribu Krobu situé à 3h30 des villes. Il n’y avait pas de route pour y accéder, car la région est peu développée. Dès notre arrivée, j’ai été frappée par l’accueil de la population. Les gens m’ont paru aussi doux que dans les Caraïbes. La connexion s’est faite naturellement. Ils étaient à la fois curieux – ils ne reçoivent pas souvent la visite de personnes à la peau claire – et reconnaissants de l’aide apportée.
 
Échanger avec eux m’a nourrie. Leur joie de vivre et leur plaisir d’apprendre montraient que le bonheur ne dépend pas de ce que l’on a mais de ce que l’on fait et du sens du partage de sa communauté. Ce voyage a également renforcé mon sens des responsabilités. J’ai vu à quel point chacune de nos décisions peut faire la différence. Ces écoles sont nées d’un élan collectif. Il ne tient qu’à nous de le poursuivre. »

 

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